
En cette banale fin d'après-midi d'hiver, le soleil se laissa paresseusement sombrer derrière les hautes collines d'Évora. Pendant de longues minutes, il colora le ciel d'une magnifique lumière écarlate, puis disparut en entrainant dans son sillage une chute brutale des températures. Cette année, la saison froide se révélait particulièrement rigoureuse ; depuis des semaines, neige et glace recouvraient le sol, rendant difficiles les trajets entre villages.
Niché au sommet d'une des collines, le monastère de la Compassion d'Alhéna abritait en son sein une petite communauté de prêtres qui partageaient leur temps entre prières, travaux dans les champs et enseignement auprès des novices. Le Grand Prêtre, qui gérait sa confrérie avec sagesse, avait dès l'été anticipé ce rude hiver en remplissant les greniers de nombreuses réserves de nourriture.
Chaque année, les élèves s'étonnaient de la facilité avec laquelle il prévoyait les tendances de la saison à venir. Plus d'une fois, il avait senti l'arrivée d'un été particulièrement sec, ou bien d'un printemps pluvieux capable d'inonder les champs et de gâter les récoltes. Il avait toujours pris les bonnes mesures avant que mère nature ne décide de rendre la vie des hommes plus difficile.
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