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Chroniques Syliannes Livre I : Prologue - page 4 (à lire en ligne)

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Prologue : page 4

Les heures passèrent ainsi, et tandis que sa mère avait proposé à sa sœur et à son beau-frère de revenir au manoir pour y prendre le thé, sa cousine, assoiffée par ses récits et la chaleur, l’avait provisoirement abandonné pour partir à la recherche d’une boisson fraîche.

Près d’un quart d’heure plus tard, le garçon, constatant qu’elle ne revenait pas, commença à s’impatienter. Agacé, il revint à son tour vers le manoir. Pourquoi mettait-elle donc autant de temps ? Il avait des milliers de questions à lui poser et elle n’était là que pour une seule journée. Chaque minute se révélait précieuse, ils ne devaient en perdre aucune. Il entra dans le grand hall, jeta un rapide coup d’œil à l’imposante statue de la Déesse dont les yeux sans vie semblaient le fixer, puis prit un des couloirs sur sa droite.

Au fond, la porte blanche des cuisines était close. Alors qu’il s’approchait, il entendit des cris étouffés provenir de l’autre côté. Intrigué, il accéléra le pas et ouvrit la porte en grand pour découvrir un spectacle que, dans un premier temps, son esprit refusa de comprendre.

D’une main, un garde tenait fermement les poignets de sa cousine et maintenait l’autre sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Pendant ce temps, l’autre homme s’acharnait à essayer d’enlever les vêtements de la jeune fille. Elle se débattait comme elle le pouvait, mais elle n’était pas de taille face à ses agresseurs.

— Je t’en prie, aide-moi ! réussit-elle à crier en se dégageant en partie de l’étreinte.

Le sang du garçon ne fit qu’un tour et il se jeta sur le garde qui essayait de déshabiller sa cousine. Il le frappa de toutes ses forces, mais l’homme, à peine gêné, s’esclaffa en se retournant vers lui. D’un geste sec, il poussa le garçon qui tomba à terre.

— Qu’est-ce que tu veux, espèce de sale petit mioche ? s’écria le garde avec un sourire féroce sur le visage.

— Vous n’avez pas le droit, hurla le garçon.

— Nous avons tous les droits ! Tu crois que la Confédération s’intéresse à toi et à ta famille de dégénérés ?

Le garçon se releva et plongea sur l’homme. Une brève lutte s’engagea, durant laquelle il sentit sa main frôler l’arme à énergie que son adversaire portait à la ceinture. Dans un accès de rage, il la saisit et la pointa sur le ventre du garde. Un instant plus tard, l’homme s’effondrait au sol en hurlant, les mains crispées sur son estomac perforé.

Le garçon vit avec surprise que les armes de la Confédération ne faisaient pas couler le sang ; le garde avait maintenant à la place de l’estomac, un trou noir de chair carbonisée, tandis qu’une odeur écœurante se répandait rapidement dans toute la cuisine.

L’autre homme, un instant pétrifié, lâcha la jeune fille qu’il maintenait encore et fit un geste pour prendre son arme ; le garçon fut plus rapide que lui. Il appuya sur la détente et observa, avec un étrange détachement, le rayon d’énergie fuser et transpercer le torse de son opposant qui s’écroula à son tour.

Sa cousine, effondrée, assise à même le sol carrelé, pleurait en hoquetant, incapable de surmonter le choc des derniers événements. Le garçon la prit par le poignet et la força à se remettre debout. Le garde à l’estomac perforé continuait de hurler et quelques bruits de cavalcade se faisaient maintenant entendre dans les couloirs.