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Chroniques Syliannes Livre I : Prologue - page 5 (à lire en ligne)

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Prologue : page 5

Le garçon sentait son cœur battre la chamade, mais il se força à garder son calme pour réfléchir. Une idée lui vint à l’esprit : prendre immédiatement le passage secret qui menait au-dehors, vers la liberté. Lorsqu’il voulut quitter la cuisine, un autre garde qui arrivait en courant lui barra brusquement le passage. Encore une fois, le garçon tira le premier. Cette fois, pour être sûr du résultat, il décida froidement de viser la tête.

Sautant par-dessus le corps inerte de son adversaire et refusant de regarder son visage mutilé, il entraîna sa cousine vers le salon : là se trouvait le plus proche passage menant à l’extérieur de la propriété. Il fallait qu’ils sortent d’ici, les gardes ne lui pardonneraient pas ses derniers actes, ils allaient tous les tuer, ils devaient s’enfuir au plus vite s’ils voulaient rester en vie !

Il ne leur fallut que quelques secondes de courses effrénées dans les couloirs du manoir pour arriver dans le salon dont la porte se trouvait simplement entrouverte. D’un coup d’épaule, il la poussa violemment et constata que c’était ici que sa mère, sa tante et son oncle prenaient le thé sous la surveillance de deux autres gardes de la Confédération.

En voyant le garçon débouler l’arme au poing, ils sortirent aussitôt leurs propres armes et visèrent. Sans réfléchir, sa mère horrifiée se leva d’un bond et s’interposa. Ce fut elle qui prit les tirs des gardes et elle s’effondra, morte avant même de toucher le sol. Toujours avec un étrange détachement comme si tout cela ne le concernait plus vraiment, le garçon tira à son tour, toucha l’un des gardes, mais rata l’autre.

Sa tante se leva à son tour, les yeux exorbités, en réalisant que sa sœur venait d’être tuée sous ses yeux. Son oncle, lui, n’eut aucune hésitation, il se précipita pour venir en aide à son neveu. Du poing, il cogna violemment le garde encore debout au niveau de la mâchoire, au moment où ce dernier tirait une nouvelle fois. Le tir dévié toucha le plafond et y creusa un petit cratère noirâtre.

— Fuis, hurla son oncle en essayant de maîtriser son adversaire. Vas-t-en ! Vite !

Tandis que sa cousine avait trouvé refuge dans les bras de sa mère, il se précipita vers l’entrée du passage secret. Grâce à un faux livre caché dans la bibliothèque, il en actionna le mécanisme d’ouverture. Ce dernier fit pivoter un pan entier qui s’ouvrit sur un long couloir sombre. Sans hésiter, il en franchit le seuil.

Le passage se referma lentement derrière lui, mais il n’attendit pas que le meuble ait retrouvé sa position initiale pour continuer à fuir. Il courut sur plusieurs dizaines de mètres dans le couloir sombre, creusé sous terre, n’osant ni s’arrêter, ni regarder derrière lui. La pénombre le força bientôt à ralentir. Quelques petits puits de lumière lui permettaient de voir où il mettait les pieds, mais il n’arrivait pas à distinguer les détails de ce qui l’entourait.

Une odeur désagréable flottait dans l’air ; au sol, de nombreuses flaques d’eau croupissaient, tandis que ça et là, des racines rendaient la progression difficile. L’humidité et le froid transformaient la terre des murs en une texture visqueuse, et après les avoir frôlés à plusieurs reprises, le garçon fit tout son possible pour éviter un nouveau contact. Ils avaient quelque chose de répugnant, comme si ces parois constituaient l’intérieur d’une bête immonde, sale et gluante.