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Chroniques Syliannes Livre I : Prologue - page 6 (à lire en ligne)

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Prologue : page 6

Au bout de plusieurs minutes, le souffle court, il vit la sortie partiellement dissimulée par la végétation ; avec difficultés, il se fraya un passage vers l’extérieur. Il se trouvait à présent dans la forêt qui jouxtait la propriété et d’après ce qu’il voyait, il n’y avait aucun danger immédiat. Aucun bruit ne parvenait du tunnel derrière lui, les gardes n’avaient donc pas découvert le passage secret. Par prudence, il décida de s’éloigner et s’enfonça vers le cœur de la forêt.

Il marcha ainsi, sans but, pendant plusieurs heures. Il avait l’impression de tourner en rond, mais n’en était pas totalement sûr. Dans sa tête, il se repassait sans cesse les images des évènements qu’il venait de vivre. Il se revoyait tirer sur les gardes à plusieurs reprises ; il était sûr d’en avoir tué au moins deux, mais ne ressentait pas la moindre trace de regret. Au contraire ! Ces gens avaient eu ce qu’ils méritaient. La Confédération avait assassiné son père, la Confédération les avait gardés prisonniers pendant des années, la Confédération avait pillé leur maison, et quelques heures plus tôt, la Confédération avait tué sa mère. Ces gens étaient mauvais, ils méritaient d’être morts.

Plongé dans ses pensées, il ne se rendit pas compte de la faim qui commençait à le gagner. Il se sentait fatigué également, mais refusa de s’arrêter.

En regardant autour de lui, il trouva quelques buissons sur lesquels poussait une étrange baie verte. Il hésita. Ces baies étaient-elles comestibles ? À vrai dire, il n’en avait aucune idée. Cela faisait bien longtemps que les gardes de la Confédération avaient volé, puis vendu l’encyclopédie botanique qui se trouvait jadis dans la bibliothèque. Il n’avait jamais eu l’occasion de la feuilleter.

Il ne réfléchit pas bien longtemps. La faim prit le pas sur sa raison et il cueillit quelques dizaines de baies vertes et les mangea. Elles étaient très acidulées, mais elles n’avaient pas mauvais goût. Ce ne fut qu’au bout de quelques minutes qu’il se rendit compte qu’elles n’étaient pas tout à fait comestibles.

Une violente douleur à l’estomac le força à s’allonger au pied d’un arbre. La douleur était si forte qu’il avait envie de hurler. Il ferma les yeux un instant et quand il les rouvrit, il vit la forêt danser autour de lui. Les troncs d’arbres se courbaient doucement en suivant la brise tels des roseaux au gré du vent et il sentait la terre bouger sous lui. Plus rien ne semblait stable.

Des petits insectes volants vinrent chanter une douce et étrange mélopée à ses oreilles, comme s’ils essayaient d’atténuer la douleur du garçon. Un oiseau, au plumage coloré, se posa près de lui et se mit à lui parler dans une langue bizarre.

— Dis-moi petit d’homme, tu as l’air bien malade, dit l’oiseau en sautillant vers lui.

— Tu n’es qu’un oiseau, répondit le garçon en se tenant l’estomac. Tu ne peux pas parler !

— Bien sûr que si, je peux parler, s’indigna l’oiseau. Mais je te trouve grossier, petit d’homme, alors je m’en vais.

Sur ce, il s’envola, laissant le garçon seul.

— Un oiseau, ça ne parle pas, répéta-t-il à voix haute. Ce n’est pas possible. Qu’est-ce qu’il m’arrive ?