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Chroniques Syliannes Livre I - Prologue, page 2

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Chroniques Syliannes Livre I

Prologue - Page 2 sur 9

Cette faible réminiscence du passé ne semblait être qu'un rêve et parfois il pensait avoir tout simplement inventé cette scène, les récits de sa mère ayant fini par enflammer son imagination. Pourtant dans sa mémoire ce sang rouge paraissait si réel.

Si ce souvenir s'arrêtait là, tout ce qu'il avait appris d'autre sur le passé de sa famille lui avait été raconté par sa mère. Elle voulait qu’il conserve tout dans sa mémoire, qu’il n’oublie aucun détail. Il fallait qu’il se souvienne et qu’il fasse ce qu’on attendait de lui, car il était le fils de la Déesse.

À cette époque, il n’arrivait pas à comprendre comment lui, un simple garçon de chair et de sang, pouvait être le fils de cette étrange statue de marbre blanc qui se tenait immobile dans le hall d’entrée du manoir. Car pour lui, la Déesse, c’était uniquement cette statue dont le regard impitoyable jaugeait chaque visiteur à leur arrivée dans la demeure.

En grandissant, il comprit que sa famille ne vouait pas un culte sans faille depuis des générations à un simple objet de décoration, mais à un être supérieur, immatériel et très puissant. Malgré tout, un détail le perturbait. Sa mère lui avait souvent expliqué que la Déesse voyait à travers les yeux de la statue et que, lorsqu’elle n’appréciait pas un nouveau visiteur, des éclairs jaillissaient de ses doigts de marbre pour foudroyer l’impudent qui osait pénétrer sous le toit de ses plus fidèles serviteurs. Le garçon n’avait jamais vu cela arriver, malgré le fait que, depuis des années, le manoir se trouvait en permanence envahi de visiteurs indésirables.

Il avait souvent souhaité que la Déesse manifeste ses pouvoirs et foudroie les gardes de la Confédération qui les maintenaient, lui et sa mère, sous une constante surveillance. Il les haïssait au plus haut point depuis qu’il avait été en âge de comprendre que la Confédération portait la responsabilité de la mort de son père.

Cette rancœur le poussait à échapper régulièrement à la surveillance dont il faisait l’objet. Au fil du temps, c’était devenu de plus en plus facile, non seulement parce qu'en grandissant il avait réussi à perfectionner ses différentes techniques pour passer inaperçu, mais également parce que les gardes faisaient de moins en moins bien leur travail.

Ces derniers considéraient cette routine sans intérêt comme une punition à subir. Quel mal pouvait donc faire un enfant et une femme assignés à demeure de façon permanente ? Un garde de la Confédération avait d'autres tâches à accomplir, bien plus importantes et gratifiantes que celle-ci !