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Chroniques Syliannes Livre I - Prologue, page 3

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Chroniques Syliannes Livre I

Prologue - Page 3 sur 9

À l'inverse du manque de motivation des gardes, sa mère s'était assigné une tâche à laquelle elle refusait de se soustraire. Elle passait la plus grande partie de son temps à enseigner à son fils tout ce qu’il devait savoir sur le culte de la Déesse. Elle lui avait fait apprendre par cœur l'intégralité du rituel de la cérémonie d’acceptation : le rite qui permettait aux nouveaux adeptes d’entrer dans le culte. Elle avait même réussi à cacher le livre sacré, avant que la Confédération ne pense à le confisquer. Sur la première page, on pouvait voir une illustration représentant la Déesse : son visage dur et ses yeux, d’un étrange bleu pâle, ne montraient aucune compassion.

Lorsqu'elle ne lui enseignait pas les bases du culte, sa mère lui confiait les secrets de leur famille. Partout dans le manoir, il existait de nombreux passages dissimulés ; l’un d’entre eux menait d'ailleurs à l’extérieur de la propriété. Elle lui avait montré ces passages et quand il lui avait demandé pourquoi ils ne les empruntaient pas pour s’enfuir, elle avait répondu qu’il était bien trop tôt pour cela, qu’il fallait patienter le temps qu’il grandisse un peu. En attendant, les passages secrets servaient à dissimuler les objets les plus précieux de la famille.

Les gardes, conscients de leur totale impunité, ne se gênaient pas pour piller allègrement tout ce qui pouvait avoir un peu de valeur. Même si la planète possédait une technologie beaucoup moins évoluée que dans le reste de la Confédération, l’intérieur du manoir renfermait tout de même une véritable mine d’or. La famille du garçon, noble depuis des générations, avait amassé de nombreux objets de grande valeur. Tableaux, argenterie et livres anciens avaient disparu au fil du temps pour être revendus sous le manteau. Cela alimentait encore plus la colère qu’il ressentait envers la Confédération.

Plus que tout autre enfant, il souhaitait grandir rapidement, afin de pouvoir en découdre avec cette maudite Confédération. Avec impatience il comptait les jours le séparant de ses treize ans, car le chiffre treize était le chiffre de la Déesse. À l’époque où le culte existait encore, les garçons et les filles, qui aspiraient à entrer à son service, devaient se présenter à un prêtre le jour de leur treizième année pour y suivre l’apprentissage : treize ans d’ignorance, vingt-six ans d'initiation et trente-neuf ans de bonheur.

Si depuis plusieurs centaines d'années la vie d'un prêtre s'organisait de cette façon, tout bascula du jour au lendemain lorsque le peuple, lassé de souffrir en silence, réussit à trouver suffisamment de courage pour braver leur noblesse et faire appel à la Confédération pour signaler leurs maltraitances.