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Chroniques Syliannes Livre I - Prologue, page 4

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Chroniques Syliannes Livre I

Prologue - Page 4 sur 9

Un magistrat commandita alors une enquête et au vu de ses conclusions, il déclara le culte barbare et cruel avant d'envoyer les prêtres sur des planètes-prisons et de condamner à mort les hauts responsables. C’est le châtiment que subit son père, tandis que lui et sa mère, jugés potentiellement dangereux, devraient rester cloîtrer à vie dans la demeure familiale, avec comme unique contact extérieur, une visite par an de la part de quelques membres de la famille sélectionnés par la Confédération et considérés comme étant acceptables. Tous les ans, à l'occasion de son anniversaire, il avait donc le plaisir de voir son oncle, sa tante et sa cousine.

Il aimait beaucoup sa cousine ; elle n’avait que deux ans de plus que lui, et irradiait d’une joie de vivre qu’il ne connaissait guère. Ses cheveux roux vif ressemblaient à de grandes flammes dansant autour d’un visage toujours souriant. À part elle, il ne connaissait aucun autre enfant. Elle lui apprenait des jeux et lui racontait des histoires, illuminant sa vie pour une journée entière.

Quant à sa tante, une femme bien en chair aux cheveux aussi roux que sa fille, dès qu’elle le voyait, elle le prenait dans ses bras et, année après année, lui répétait toujours la même chose.

 - Oh ! Mais regardez-moi ça ! Comme tu as grandi et comme tu es beau ! Tu as les plus beaux yeux de la Confédération ! On dirait le bleu des océans de notre planète.

Ce à quoi sa mère ne pouvait s’empêcher de renchérir avec fierté :

 - Il a les yeux de notre Déesse !

 - Voyons très chère, répliquait immanquablement sa tante, les yeux de ton fils sont bleu marine, ceux de notre Déesse sont bien plus clairs.

En général, sa mère ne répondait rien. Elle se contentait de le regarder d’un air étrange, comme si elle savait quelque chose qu’elle préférait garder pour elle.

Bien entendu, cette même routine se répéta le jour tant attendu de ses treize ans. Le soleil brillait dans un ciel sans nuage et seule une petite brise légère rafraîchissait l’atmosphère. Sa famille, arrivée en fin de matinée, avait souhaité profiter du temps radieux de cette journée en s'installant sur une des tables non loin du lac pour y déjeuner tranquillement.

Le repas terminé, il s'allongea sous un arbre et écouta sa cousine, assise sur l'herbe verte auprès de lui, raconter les dernières nouvelles du monde extérieur : un monde étrange rempli de vaisseaux spatiaux plus rapides que la lumière, d’immenses conglomérats commerciaux et de pirates organisés au sein d’une confrérie.