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Chroniques Syliannes Livre I - Prologue, page 5

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Chroniques Syliannes Livre I

Prologue - Page 5 sur 9

Plusieurs heures passèrent ainsi, et tandis que sa mère avait proposé à sa sœur et à son beau-frère de revenir au manoir pour y prendre le thé, sa cousine, assoiffée par ses récits et la chaleur, l’avait provisoirement abandonné pour partir à la recherche d’une boisson fraîche.

Près d’un quart d’heure plus tard, le garçon, constatant qu'elle ne revenait pas, commença à s’impatienter. Agacé, il revint à son tour vers le manoir. Pourquoi donc mettait-elle autant de temps ? Il avait des milliers de questions à lui poser et elle n’était là que pour une seule journée. Chaque minute se révélait précieuse, ils ne devaient en gaspiller aucune.

Il entra dans le grand hall et regarda machinalement la statue de la Déesse qui trônait en son centre : ses yeux sans vie semblaient le fixer avec impassibilité. Il détourna le regard et se dirigea vers sa droite. Un long couloir aux sombres boiseries menait à la porte close des cuisines, probablement l'endroit où devait se trouver sa cousine.

Alors qu’il s’approchait, il entendit une voix d'homme marmonner quelque chose, puis plusieurs cris étouffés. Intrigué, il accéléra le pas et ouvrit la porte de la cuisine en grand pour découvrir un spectacle que, dans un premier temps, son esprit refusa de comprendre.

D’une main, un garde tenait fermement les poignets de sa cousine et maintenait l’autre sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Pendant ce temps, l'autre homme s’acharnait à essayer de baisser le pantalon de la jeune fille. Elle se débattait comme elle le pouvait, mais elle n’était pas de taille face à ses agresseurs.

 - Je t’en prie, aide-moi ! réussit-elle à crier en se dégageant partiellement de l’étreinte.

Le sang du garçon ne fit qu’un tour et il se jeta sur le garde qui essayait de déshabiller sa cousine. Il le frappa de toutes ses forces, mais l’homme, à peine gêné, s'esclaffa en se retournant vers lui. D’un geste sec, il poussa le garçon qui tomba à terre.

 - Qu’est-ce que tu veux, espèce de sale petit mioche ? s’écria le garde avec un sourire féroce sur le visage.

 - Vous n’avez pas le droit, hurla le garçon.

 - Nous avons tous les droits ! Tu crois que la Confédération s’intéresse à toi et à ta famille de dégénérés ?

Le garçon se releva et plongea sur l'homme. Une brève lutte s’engagea, durant laquelle il sentit sa main frôler l’arme à énergie que son adversaire portait à la ceinture. Dans un accès de rage, il la saisit et la pointa sur le ventre du garde. Un instant plus tard, l’homme s’effondrait au sol en hurlant, les mains crispées sur son estomac perforé.