les mondes de Vlana

Chroniques Syliannes Livre I - Prologue, page 7

Accueil > Lecture en ligne > Chroniques Syliannes Livre I Prologue, page 7 (à lire en ligne)

Chroniques Syliannes Livre I

Prologue - Page 7 sur 9

Sa tante se leva d'un bond en réalisant que sa sœur venait d’être tuée sous ses yeux, les yeux exorbités et incapable d'émettre le moindre son. Horrifiée, elle plaqua ses mains contre sa bouche, ne pouvant rien faire d'autre que de fixer le corps sans vie.

Son oncle par contre, avec un sang-froid étonnant, se précipita pour venir en aide à son neveu. Du poing il cogna violemment le garde encore debout au niveau de la mâchoire au moment où ce dernier tirait une nouvelle fois. Le tir dévié toucha le plafond et y creusa un petit cratère noirâtre.

 - Fuis, hurla son oncle en essayant de maîtriser son adversaire. Vas-t-en ! Vite !

Tandis que sa cousine avait trouvé refuge dans les bras de sa mère, il se précipita vers l'entrée du passage secret. Grâce à un faux livre caché dans la bibliothèque, il en actionna le mécanisme d'ouverture. Ce dernier fit pivoter un pan entier qui s'ouvrit sur un long couloir sombre. Sans hésiter, il en franchit le seuil.

Le passage se referma lentement derrière lui, mais il n'attendit pas que le meuble ait retrouvé sa position initiale pour continuer à fuir. Il descendit plusieurs marches à la volée jusqu'à atteindre un long tunnel directement creusé sous terre. Il courut ainsi sur plusieurs dizaines de mètres, n’osant ni s’arrêter, ni regarder derrière lui. La pénombre le força bientôt à ralentir. Quelques petits puits de lumière lui permettaient de voir où il mettait les pieds, mais il n'arrivait pas à distinguer les détails de ce qui l'entourait.

Une odeur désagréable flottait dans l'air ; au sol, de nombreuses flaques d’eau croupissaient, tandis que ça et là, des racines rendaient la progression difficile. L'humidité et le froid transformaient la terre des murs en une texture visqueuse, et après les avoir frôlés de la main à plusieurs reprises, le garçon fit tout son possible pour éviter un nouveau contact. Ils avaient quelque chose de répugnant, comme si ces parois constituaient l’intérieur d’une bête immonde, sale et gluante.

Au bout de plusieurs minutes, le souffle court, il vit la sortie partiellement dissimulée par la végétation ; avec difficultés, il se fraya un passage vers l’extérieur. Il se trouvait à présent dans la forêt qui jouxtait la propriété et d’après ce qu’il voyait, il n’y avait aucun danger immédiat. Aucun bruit ne parvenait du tunnel derrière lui ; les gardes n’avaient donc pas découvert le passage secret. Par prudence, il décida de s’éloigner et s’enfonça vers le cœur de la forêt.