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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 1 : L'incident Kaxido, page 13

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 1 : L'incident Kaxido - Page 13 sur 21

Nadioska, interdite, regardait le spectacle, son cerveau refusant d’accepter les images qu’il recevait. Une lumière aveuglante remplit soudainement l’écran et elle détourna aussitôt les yeux en se protégeant avec ses bras de façon instinctive. Une seconde explosion, aussi forte que la première, retentit. Le Vinestan vibra de nouveau de façon inquiétante et la jeune femme perdit l’équilibre et tomba en arrière sur le canapé.

 - Le vaisseau du Conglomérat de Sebfo vient de subir une explosion, affirma la voix douce de l’ordinateur. Le Vinestan n’a subi aucun dégât. Souhaitez-vous décoller afin de nous mettre à l’abri ?

D’énormes nuages de fumées et de poussières entouraient les deux vaisseaux touchés par l’explosion et masquaient leurs abords immédiats. Des morceaux de gande et d’autres matériaux avaient été projetés sur plusieurs centaines de mètres en faisant d’énormes dégâts sur les autres cargos. Nadioska se souvenait avoir déjà vu un spectacle similaire et en un éclair, elle revit les images du Grand Séisme de Befsal.

C'est sur Befsal, une des planètes les plus à l’extérieur de la Confédération, qu’elle avait vécue avec sa famille durant toute son enfance. Ses parents étaient morts dans le Grand Séisme qui avait pratiquement détruit la capitale planétaire. Elle-même était restée dans les décombres de sa maison pendant deux jours entiers avant que les secours ne parviennent à la dégager.

Elle n’avait alors que quatorze ans et ne devait sa survie qu’à l’acharnement d’un des secouristes, un vieux monsieur qui avait passé toute sa vie à aider les autres par pure bonté. Il avait entendu les appels de Nadioska et avait organisé une équipe pour dégager un passage à travers les décombres et libérer la jeune fille. La première chose qu’elle avait vue en retrouvant la lumière du jour avait été le visage de son sauveteur. Elle s’était effondrée dans ses bras, laissant enfin couler les larmes qu’elle avait réussi à contenir jusque-là.

Bien qu’après ce drame, elle ne revit plus jamais cet homme, parfois son visage lui apparaissait en songe. Elle rêvait de ces deux jours qu’elle avait passés dans sa maison écroulée. Elle se trouvait de nouveau dans la pénombre totale, ses parents étaient morts à quelques mètres d’elle, mais elle ne pouvait ni les voir ni les toucher. Une des poutres de la maison ne s’était pas brisée et elle retenait de nombreux débris qui avaient fait une sorte de dôme protecteur au-dessus d’elle. Elle criait à l’aide ; elle avait terriblement soif. Puis, il y avait eu des bruits, et ensuite la lumière aveuglante. Quelque chose de chaud avait pris sa main et la tirait vers le haut. Enfin, il y avait eu ce visage, si chaleureux ; elle se souvenait encore de son sourire.