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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 1 : L'incident Kaxido, page 3

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 1 : L'incident Kaxido - Page 3 sur 21

La Guilde des Marchands possédait le Hall et les hangars ; il existait plusieurs de ces complexes sur chaque planète. Certains gouvernements planétaires avaient essayé de les racheter afin de mieux contrôler les flux de marchandises, mais restant minoritaires par rapport aux autres gouvernements, la Confédération avait dû, au final, s’opposer à ces rachats. Un responsable de Hall, payé par la Guilde, gérait et entretenait chaque complexe.

Durant son trajet à pied vers le Hall, la jeune femme observa le paysage autour d’elle. De la terre battue ocre recouvrait le chemin d’où sortaient parfois quelques brindilles d’herbes éparses. Au loin, on pouvait voir des montagnes aux sommets effilés dont la roche marron disparaissait peu à peu sous le blanc de la neige en haute altitude. La planète recelait si peu de végétation que cela avait quelque chose de déprimant. Même les chants des rares oiseaux qui planaient dans le ciel à la recherche de nourriture, ne tiraient que des grimaces à ceux ayant la malchance de les entendre.

La jeune femme soupira en se disant qu’elle n’aimerait pas vivre ici. Machinalement, son attention se reporta à nouveau sur le sol des hangars ; la terre battue laissée apparente lui donnait le sentiment que cette planète manquait désespérément d'argent. En général, le sol des hangars était recouvert de gande. Ce revêtement extrêmement résistant, qui portait le nom de son concepteur, récupérait les rayonnements solaires pour les transformer en énergie. Pourtant abondamment utilisé sur les planètes de la Confédération, il recouvrait les rues, les murs des maisons et leurs toits. Il enveloppait même les dernières générations de vaisseaux spatiaux.

Depuis le début de son utilisation, il avait profondément modifié l'aspect des villes de la Confédération. Utilisé brut ou bien coloré, ce matériau semi-transparent ne réfléchissait que très légèrement la lumière, mais lorsque les rayons du soleil l’éclairaient directement, cela donnait l’impression qu’il scintillait telle une pierre précieuse. Certaines villes, qui appréciaient la profusion de couleurs, n’hésitaient pas à utiliser le gande saturé de pigmentations. Les rues teintées de noir et les bâtiments rouges, verts, bleus ou jaunes vifs, donnaient l’impression, lorsqu’on regardait le paysage de haut, de posséder à ses pieds une mine de pierres précieuses étincelantes.

Lassée par la monotonie du sol, Nadioska reporta son attention sur les hangars qu'elle croisait. Ceux-là étaient conformes à ce qu’elle avait l’habitude de voir. Chacun d’eux était constitué d’un trou d’environ un mètre de profondeur, suffisamment spacieux pour pouvoir y faire tenir un gros cargo ; une large passerelle faisait le lien entre les deux niveaux du sol.