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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 3 : Néthias Hope, page 5

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 3 : Néthias Hope - Page 5 sur 20

La jeune femme s’approcha de l'un d'entre eux, Liije juste derrière elle. Elle avança son visage si près de la toile que son nez ne se trouvait plus qu’à quelques centimètres.

 - Liije, tu crois que c’est peint à la main ? demanda-t-elle en plissant les yeux comme si cela allait lui permettre de mieux voir les détails de l'œuvre d'art.

 - Si c’est le cas, ça doit coûter très cher, répondit le garçon avec sérieux comme s’il était expert en la matière.

Elle approcha un doigt et effleura la peinture. Depuis l’invention des ordi-graphes, il était plus que rare qu’un tableau soit peint à la main. Les artistes actuels de la Confédération utilisaient des pinceaux et des pigments élaborés, commandés par des ordinateurs ultras spécialisés. Un peintre ne se salissait plus: il se contentait de donner des instructions à la machine. Certains puristes avaient critiqué ce nouveau système, mais cela n’avait pas empêché le procédé de s’étendre et de devenir la norme à utiliser.

 - J’ai vraiment l’impression que ça a été peint à la main, conclut-elle après réflexion.

 - C’est exact, jeune demoiselle, dit une voix derrière elle.

Nadioska sursauta et se retourna brusquement. Néthias Hope s’était approché en silence et l’observait d’un air amusé. Elle cacha avec précipitation sa main derrière son dos, comme s’il s’agissait de l’arme d’un crime atroce.

 - Ne vous inquiétez pas, dit Néthias en se mettant à rire. Ces peintures sont protégées et il faudrait vraiment que vous les maltraitiez pour pouvoir les endommager.

 - Ah, heu, je voulais juste savoir si elles avaient été peintes à la main, balbutia-t-elle gênée d’avoir été prise en flagrant délit.

 - Ici, toutes les peintures ont été faites sans avoir recours à une machine, affirma-t-il en faisant un geste large. La plupart ont même été peintes par certains de mes ancêtres. Tenez, regardez celle-ci.

Il s’approcha d’un portrait représentant une jeune femme d’une grande beauté. Ses longs cheveux blonds descendaient en cascades sur ses épaules découvertes. Elle portait une robe de soie blanche décolletée ornée de multiples broderies. Son visage était si doux qu’on aurait dit un ange descendu du ciel.

 - Elle est vraiment très belle, murmura Nadioska fascinée.

 - C’est mon arrière-arrière-grand-mère, dit Néthias. Ce portrait a été peint par son mari, quelques jours seulement avant leur mariage. N’avez-vous pas l’impression qu’une petite partie du paradis s’ouvre à vous lorsque vous regardez ce tableau ?

Nadioska n’était pas trop sûre de bien comprendre ce que Néthias avait voulu dire par là. Dans le doute, elle préféra se taire.