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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 3 : Néthias Hope, page 7

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 3 : Néthias Hope - Page 7 sur 20

Il sourit à Nadioska et prit un air paternel, comme s’il était en train d’expliquer à un enfant un peu lent comment effectuer une simple addition.

 - Oh, c’est normal, dit-il. Chaque être vivant naît, vit et meurt. Il en va de même pour les civilisations. Elles naissent, connaissent leurs heures de gloire, puis finissent par s’effondrer. Ainsi en va-t-il de tout ce qui existe. Rien n’est éternel. Absolument rien. Même nos bonnes vieilles étoiles dans le ciel ! Et je vais vous dire, mon enfant, cela est une très bonne chose. Ne croyez-vous pas ?

 - Il y a beaucoup de gens qui vivent dans la Confédération et dépendent d’elle, protesta faiblement Nadioska. Si elle disparaît, que va-t-il se passer ? Ce sera le chaos !

 - Bien sûr ! accorda-t-il. Pendant quelque temps, oui, effectivement, ce sera le chaos. Mais regardez l’âge de notre Confédération. C’est un vieillard qui se meurt. L’arthrite de la bureaucratie ronge ses os et le paralyse. Le cancer du pouvoir attaque ses organes vitaux. Alors, il se soûle avec le vin de l’argent, si doux, si sucré et attirant. Ce vin lui fait oublier tous ses maux. Ne vaut-il pas mieux qu’il meurt et donne naissance à un être nouveau ? Un être plein de vie ?

 - Est-ce que vous voulez dire par là que vous êtes d’accord avec ce qu’il s’est passé sur Kaxido ? s’étonna-t-elle.

 - Non, répondit-il avec gravité. La violence n’est jamais une solution acceptable. Mais même si j’en avais le pouvoir, je n’empêcherais pas la Confédération de mourir. Ainsi va chaque chose.

Il fit une pause, les yeux dans le vague.

 - Bien sûr, il va y avoir quelques sursauts pour empêcher la fin, dit Néthias. Mais la maladie est déjà trop bien implantée et aucun médicament n’en viendra à bout. Il se peut même que les médicaments accélèrent la chute.

 - De quel médicament parlez-vous ? demanda Nadioska.

 - De l’APC, mon enfant. L’APC à forte dose peut être très mauvaise pour notre vieille Confédération. Combien de temps l’organisme conservera-t-il son intégrité sous une APC trop forte ? Son cœur va lâcher ! Il n’y a plus rien à faire pour le sauver. La seule chose que nous pouvons faire maintenant est de sauver notre art, car c’est cela qui témoignera de notre existence quand notre civilisation ne sera plus.

Son regard revint vers Nadioska qui paraissait autant horrifiée que surprise par ces paroles.