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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 4 : Chez les pirates, page 19

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 4 : Chez les pirates - Page 19 sur 22

 - Jamais, p’tite demoiselle, répondit-il un sourire en coin. Quand on est dans ma situation, mieux vaut essayer de se faire le plus d’amis possible. Surtout quand ces amis sont puissants. Et Djeid est quelqu’un de puissant. Vous l’avez déjà vu se battre ?

 - Non, jamais, dit-elle étonnée.

 - Moi si ! fit-il en se penchant en avant et en reprenant ses airs conspirateurs. Je l’ai vu terrasser à lui tout seul cinq gars solidement armés, alors que lui-même n’avait aucune arme. Il s’en est sorti sans une égratignure. Je n’en dirais pas autant des cinq mecs. Ils doivent encore en avoir des séquelles !

Lémir se mit à ricaner.

 - Oui, il est très fort, renchérit-il en terminant sa bière.

Nadioska, perturbée, ne répondit rien. Elle commençait à avoir beaucoup de mal à supporter cet homme ; elle voulait être un peu tranquille et se vider la tête. Elle jeta un coup d’œil à Liije, assis à côté d’elle et resté totalement silencieux depuis qu’ils étaient arrivés. Il affichait une moue désapprobatrice en écoutant la conversation des deux adultes.

 - J’aimerais bien revenir à mon cargo maintenant, si ça ne vous dérange pas, annonça la jeune femme.

Lémir haussa les épaules.

 - Comme vous voulez ma belle !

Ils quittèrent le réfectoire et l’homme les conduisit à nouveau à travers le dédale de couloirs souterrains. En chemin, Nadioska se surprit à souhaiter que Djeid vienne vite les rejoindre. Elle n’aimait pas cet endroit, elle n’aimait pas les pirates et elle n’aimait pas Lémir. Elle voulait partir ailleurs. En outre, elle aurait bien aimé en savoir plus sur Djeid, sur les fantômes, sur l’Ordre Nouveau et tout le reste. Quelle frustration d’être ballottée à droite et à gauche sans savoir ce que l’avenir allait lui réserver.

Ils passèrent sur le pont qui lui avait précédemment donné le vertige. Elle se força à le traverser en regardant droit devant elle et en évitant de jeter le moindre coup d'œil vers le bas. Elle avait horreur de ça. Et si le pont s’effondrait brusquement ? Après tout, il pouvait très bien y avoir un vice caché. Il pouvait suffire qu’il existe un seul endroit plus faible que les autres pour que toute la structure s’effondre. On avait déjà vu de telles catastrophes !

Mais le pont resta en place. Ils passèrent de l’autre côté sans aucun souci et Nadioska se fustigea intérieurement pour avoir eu des pensées aussi stupides. Alors qu’elle exhalait, malgré elle, un soupir de soulagement, une alarme retentit brusquement dans tout le complexe. Elle était affreusement aiguë et assourdissante et Liije se plaqua les mains sur les oreilles en grimaçant de douleur.