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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 7 : De l’autre côté, page 5

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 7 : De l’autre côté - Page 5 sur 21

Valnier avait dirigé le destroyer vers la base principale de l’Ordre. Maintenant, il était là, guidant la civière sur laquelle gisait le corps du lieutenant Nétona. Il allait devoir apparaître lui-même devant son seigneur pour l’informer des derniers évènements.

Arrivé devant la double porte de la salle du trône, il laissa la civière et le reste de l’escorte pour entrer seul. Un des plantons qui gardait l’entrée lui ouvrit. Valnier entra et fit quelques pas dans la grande salle. Les feux des braseros renvoyaient des lumières rouges dansantes sur les murs ; au centre, le trône de pierre noire était vide.

Valnier s’avança encore un peu ; il était mal à l’aise, cette salle le rendait affreusement nerveux. Ce n’était pas la première fois qu’il venait, mais les autres fois il s’était contenté d’accompagner le lieutenant Nétona. Aujourd’hui, il se présentait seul pour annoncer sa mort.

Il jeta un coup d’œil aux bas-reliefs qui ornaient les murs. Il y avait de nombreuses représentations d’êtres humains agenouillés. Impossible de dire s’ils vénéraient un dieu ou imploraient pour être libérés de leurs souffrances. Valnier pensait qu’il devait s’agir un peu des deux.

Une lourde porte de bois noir s’ouvrit au fond de la salle. Une silhouette mince et élégante s’avança vers Valnier qui sentit les deux yeux de son seigneur le regarder fixement. Ces yeux ne semblaient connaître ni la compassion, ni la pitié. Leur couleur étrange rappelait celles des yeux de la Déesse, mais tout le monde savait qu’il était son fils bien-aimé.

Valnier s’agenouilla avec précipitation et baissa la tête, autant par respect pour son maître que pour se soustraire à son regard.

 - Que s’est-il passé ? demanda le Seigneur Elibohme d’un ton sec.

 - Seigneur, nous avons réussi à localiser le cargo, répondit Valnier d’une voix mal assurée.

 - Il était temps !

 - Le cargo se trouvait sur une petite lune. Les entrées vers une base souterraine étaient dissimulées d’une façon étrange.

 - De quoi parlez-vous soldat ? demanda Elibohme en fronçant les sourcils.

Valnier n’était pas soldat ; il avait un grade, mais il savait à quel point contrarier son Seigneur pouvait être suicidaire. Il préféra passer outre et continua son rapport.