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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 8 : Infiltration, page 13

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 8 : Infiltration - Page 13 sur 21

« Bats-toi », dit quelqu’un dans le Nahal. « Essaye de contrer les effets de cette liqueur. »

Djalhy releva la tête et croisa les yeux de la statue. Il se figea comme pétrifié, la statue le regardait. Ses yeux sans pupilles étaient fixés sur lui et elle souriait légèrement. Incapable de bouger ou de détourner les yeux, il la vit sourire de plus en plus, dévoilant une série impressionnante de dents pointues.

« Bats-toi », reprit un sylian. « C’est une hallucination. Reprends-toi et combats l’effet de cette liqueur. »

Il s’en sentait incapable ; une sorte de brouillard était en train de l’entourer petit à petit et les voix du Nahal commençaient à faiblir.

« Ne perds pas le contact avec nous » dit quelqu’un. « Tu es en danger. Tu dois combattre cette drogue. »

« Concentre-toi sur nous », dit Djeid et sa voix était étrangement plus nette que les autres. « Ne perds pas le contact. Concentre-toi. »

La statue commença à bouger et se leva lentement ; elle ne souriait plus, et regardait les quatre hommes tour à tour, comme pour les évaluer.

« Tu imagines tout cela », reprit Djeid. « Ferme les yeux. Reprends le contrôle de ton esprit. »

Mais Djalhy était incapable de fermer les yeux et même la voix de Djeid s’estompait peu à peu. Il sentit que les derniers liens qui le maintenaient connecté au Nahal étaient en train de se rompre et là où se trouvaient auparavant tous ses compatriotes sylians, un immense vide se fit bientôt dans son esprit. Il se sentait fatigué et le brouillard l’avait à présent submergé.

C’est à ce moment-là que la statue commença à parler. Sa voix était constituée de milliers d’aiguilles qui perforaient les tympans et Djalhy grimaça de douleur. Cette voix était inhumaine et il était sûr qu’il ne s’agissait pas d’une hallucination. Comment pourrait-il inventer de telles choses lui-même ? Il ressentait la douleur, ce n’était pas une simple invention de son esprit drogué, c’était forcément vrai !

La douleur était intenable et Djalhy sentit sa tête tourner encore plus. Il y eut plusieurs bruits à côté de lui et il tourna la tête. Les trois autres hommes venaient de s’effondrer et ils étaient maintenant étendus au sol, leurs yeux roulant étrangement dans leurs orbites.