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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 9 : Rite de passage, page 11

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 9 : Rite de passage - Page 11 sur 21

Djalhy observait la scène, connecté au Nahal.

« De quoi est composée cette peinture rouge ? » demanda un sylian.

« Je vais la scanner » répondit Djalhy. « Il s’agit de… sang. Du sang humain ! »

Une vague de dégoût parcourut tout le Nahal, tandis que le prêtre continuait le rituel. Il fit signe à un de ses assistants qui versa dans une coupelle quelques gouttes de cette même liqueur ambrée que Djalhy avait eu l’occasion de tester. Le prêtre prit la coupelle et souleva la tête du capitaine en passant une main derrière sa nuque. Lentement, il lui fit boire la liqueur, puis redonna la coupelle vide à un de ses assistants.

Le prêtre prit ensuite un des instruments qu’il avait posé sur le bord de l’autel et leva les bras en se tournant vers la statue. Il lui adressa quelques mots dans une langue que ni Djalhy, ni aucun autre sylian ne pouvaient comprendre, puis fit de nouveau face au capitaine.

Le visage du prêtre était complètement inexpressif. Djalhy vit que dans sa main droite, l’instrument qu’il tenait était en fait une dague ouvragée d’où scintillaient quelques pierres précieuses. Le prêtre abaissa la dague sur le torse du capitaine inconscient jusqu’à toucher la peau avec la lame. Il ferma les yeux et continua à réciter une série de paroles incompréhensibles.

Djalhy, dont les battements de cœur s’étaient brusquement accélérés, regardait la scène en serrant les dents. Dans sa tête, il s’imaginait déjà le prêtre en train d’enfoncer la lame dans le cœur du capitaine. Ce rite était-il un sacrifice humain pour la Déesse Mijalck ?

Toutefois, le prêtre n’appliqua qu’une légère pression sur la dague, suffisamment pour trancher la peau, mais sans entraîner de blessure grave. Il retraça le même dessin sur le torse du capitaine, et le sang qui sortit de la coupure vint se mêler à celui qui avait précédemment été déposé avec le pinceau.

Djalhy fronça les sourcils et au sein du Nahal, des vagues d’incompréhension vinrent se mêler à quelques remous d’écœurement. Lorsque le prêtre eut fini de retracer le dessin à la dague, il se tourna de nouveau vers la statue et lui adressa une autre prière, tout aussi incompréhensible.

Du coin de l’œil, Djalhy constata qu’Elymène avait perdu son sourire. Au lieu de cela, elle se massait le bras gauche d’un air absent. L’estomac de Djalhy se contracta douloureusement. Il se souvenait que pour rentrer dans le culte de la Déesse, il fallait subir une mutilation. Les pensées des sylians firent échos à son angoisse et une nouvelle vague fit son apparition dans le Nahal, cette fois c’était une vague de malaise.