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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 10 : Au secours de Djeid… et d’Iridryss, page 12

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 10 : Au secours de Djeid… et d’Iridryss - Page 12 sur 18

Comme un film dont il ne pouvait pas contrôler les images, il revit ce fameux jour, celui qui l’avait privé à tout jamais de sa famille. Il voyait sa cousine prisonnière des gardes, il se revoyait courir avec elle dans les couloirs du palais, il entendait de nouveau le corps sans vie de sa mère heurter le sol du salon, puis les clapotis que faisait chacun de ses pas dans le passage secret. Enfin, il y avait eu la Déesse. Il se souvenait encore de la douleur, cette douleur qui avait duré des heures et qui l’avait laissé aveugle pendant plusieurs jours. Quand il avait de nouveau retrouvé la vue, il s’était levé et avait marché sans but précis. Il ne sut au bout de combien de temps, il tomba par hasard sur la maison d’Azadeel.

Il ne se souvenait pas d’Azadeel, mais Azadeel se souvenait de lui. Il faisait partie du culte, mais avait échappé à la condamnation de la Confédération à cause de son grand âge. Il vivait seul dans une cabane perdue dans les bois. C’est en allant en ville qu’il avait appris la terrible nouvelle : les Lasdades Rouges étaient tous morts.

Tout le monde ne parlait que de ça. Ces ignorants, qui n’avaient jamais appartenu au culte, s’en réjouissaient et Azadeel serrait les dents pour s’empêcher de les insulter. En revenant de la ville, il avait découvert le fils des Lasdades au pas de sa porte. Il était vivant et Azadeel avait su que la Déesse était intervenue.

Il avait recueilli le jeune Elibohme et l’avait soigné. Il n’avait pas été étonné de constater que les yeux du garçon avaient changé. Le centre de l’iris était à présent si décoloré qu’il en était presque blanc. Azadeel avait pris cela comme un signe. Elibohme avait été choisi par la Déesse et elle voulait se venger. Il était vraiment son fils, aucun doute n’était permis.

Pendant les années qui suivirent, Elibohme ne cessa de réfléchir à la mission que la Déesse lui avait assignée. Il devait l’accomplir, l’échec n’était pas envisageable. Il établit un vague plan qui allait, dans un premier temps, lui permettre d’en savoir plus sur ses ennemis. Après tout, il ne connaissait presque rien d’eux. Pendant si longtemps, il avait été enfermé dans sa demeure familiale, entièrement coupé du reste de la Confédération.

Quand il se sentit prêt, il quitta Azadeel et ne le revit jamais. Il alla en ville et sous un faux nom, s’engagea dans l’APC. C’est là qu’il apprit tout ce dont il allait avoir besoin pour accomplir la mission de la Déesse.

Bien avant son arrivée, l’APC était déjà fortement corrompue : les détournements d’argent et les accords secrets avec les Conglomérats étaient courants. Elibohme apprit patiemment, tel un prédateur observant sa future proie pour mettre toutes les chances de son côté et ne lui laisser aucune chance de survie.