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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 11 : Un autre temps, page 16

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 11 : Un autre temps - Page 16 sur 23

 - On partira ! affirma Djeid. Un jour ! Rien ne nous presse. Nous n’avons pas d’impératif.

 - Vraiment ? reprit-elle d’une voix plus sombre. Tu es sûr ?

Djeid la regarda d’un air étonné.

 - Et l’Ordre Nouveau ? reprit-elle. Ce n’est pas une sérieuse menace pour vous ? Une menace qui serait suffisamment inquiétante pour vous faire quitter cette galaxie.

Le visage de Djeid s’assombrit soudainement. D’un geste sec, il posa ses deux mains sur la table luminescente et l’hologramme disparut. Il s’assit négligemment dans un des sièges et leva la tête pour regarder les étoiles à travers le dôme transparent de la passerelle.

Nadioska s’assit à côté de lui. Elle était étonnée de voir à quel point son attitude avait changé en si peu de temps. Il semblait soudain très malheureux. Elle ne l’avait encore jamais vu comme ça et regrettait amèrement les paroles qu’elle avait prononcées un instant plus tôt.

 - J’ai une très mauvaise réputation parmi les miens, dit Djeid au bout d’un moment.

Nadioska, surprise, se demanda pourquoi il disait cela. Quel rapport est-ce que cela avait avec l’Ordre Nouveau ?

 - Ça a commencé très tôt, continua Djeid. Ma mère était un fantôme. Une des meilleurs qu’on ait vu sur Syl. Elle a continué à travailler alors qu’elle était enceinte, elle ne voulait pas abandonner sa mission. Elle a été tuée sur une planète de la Confédération par une tribu de nomades primitifs qu’elle essayait d’aider. Nos médecins n’ont pas pu la sauver, mais ils m’ont sauvé moi. Dès ce moment-là, certains sylians ont décrété que je portais malheur et que mes actes nuiraient à toute notre communauté. Évidemment, en grandissant, je n’ai pas voulu les démentir.

Il s’arrêta pour faire une grimace et baissa les yeux vers la table luminescente.

 - Je veux que les choses changent, dit-il d’une voix plus forte. J’aime mes concitoyens. J’adore Syl et chaque être qui vit à sa surface et c’est pourquoi je veux leur ouvrir les yeux. Ils sont endormis ! Complètement apathique ! Personne n’a vu la menace de l’Ordre Nouveau arriver.

Il soupira et ferma les yeux.

 - Même pas moi, murmura-t-il. Je leur dis de se battre, de prendre des mesures plus radicales, mais au fond de moi, je ne suis pas sûr d’avoir très envie de me battre moi-même.