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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 11 : Un autre temps, page 8

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 11 : Un autre temps - Page 8 sur 23

 - Mais, je vous assure…, protesta Nadioska.

 - Je vous crois, coupa Nathac. Techniquement, ce n’est pourtant pas une amnésie.

 - Qu’est-ce que c’est alors ? demanda Djeid.

 - C’est un effacement total de tout ce qu’elle a vécu depuis six mois. Elle n’a pas accès à ces souvenirs, car ces souvenirs n’existent pas dans son cerveau. Comme si elle ne les avait pas vécus.

 - Pas vécus ? s’exclama Djeid. Comment ça, pas vécus ?

Nathac se contenta de hausser les épaules.

 - Je ne vois aucun problème chez vous, dit-il. Mais je vais discuter de votre cas avec mes collègues. Je vous tiendrai au courant.

Sur ce, il disparut tout bonnement, laissant Nadioska stupéfaite.

 - Je crois que je ne m’habituerais jamais à vous voir disparaître comme ça, sans crier gare ! dit-elle en continuant à observer l’espace vide où se tenait le médecin sylian quelques secondes plus tôt.

Djeid eut un léger sourire, mais le reste de son visage était soucieux. Quant à Nadioska, elle conserva un certain malaise bien après le départ de Nathac. Elle retournait sans cesse les mots du médecin dans sa tête, cherchant un semblant d’explication.

 - J’ai effectivement l’impression bizarre de ne rien avoir vécu depuis que le garde de l’Ordre m’a tirée dessus, dit-elle.

 - Je t’assure que tu as vécu ces six derniers mois, dit Djeid.

 -  Raconte-moi ! Dis-moi ce qu’il s’est passé !

Djeid se concentra, remontant mentalement le temps pour essayer de se souvenir des détails les plus importants, et Nadioska se demanda s’il n’était pas, à ce moment-là, connecté au Nahal. Elle se rappelait avoir entendu dire que le Nahal était aussi une sorte de base de données de souvenirs et que même la mémoire des sylians morts y était conservée. Avait-elle entendu dire cela ou bien l’inventait-elle ? En réfléchissant bien, elle n’arrivait pas à se rappeler des circonstances dans lesquelles Djeid ou un autre sylian aurait pu lui avoir expliqué cela.

 - Nous t’avons cru perdue, dit Djeid avec de la tristesse dans la voix. Morte sans que nous ne puissions rien y faire. Et puis un autre fantôme a réussi à s’infiltrer dans la base de l’Ordre avec comme mission de découvrir ce qu’il se tramait dans la salle de recherches. En traînant là-bas, il t’a vue dans la cuve.

 - Dans la cuve ? Une cuve… remplie de liquide… vert ? dit-elle avec un évident effort de concentration.

 - Oui, c’est ça. Tu te souviens ?