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Chroniques Syliannes Livre I - Chapitre 12 : Résurrection, page 15

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Chroniques Syliannes Livre I

Chapitre 12 : Résurrection - Page 15 sur 17

Nétona entra dans l’immense salle éclairée par les braseros aux lueurs rouges et dansantes. Il n’aimait pas beaucoup cet endroit. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait associé cette salle au nouveau visage qu’avait pris son culte, et c’était un visage dont il n’aimait pas tous les tenants et aboutissants. Le père d’Elibohme n’aurait probablement pas approuvé la voie que le culte suivait à présent. Nétona l’avait suffisamment bien connu pour en arriver à cette conclusion. Elibohme était si différent de son père, si imbu de sa personne, si colérique, et parfois d’étranges pensées traversaient l’esprit de Nétona.

Lorsque Elibohme l’avait fait libéré de la planète-prison, il lui avait raconté comment la Déesse lui était apparue. Parfois Nétona se demandait si le changement de couleur des yeux de son seigneur et sa vision de la Déesse n’avait été uniquement provoqué par l'ingestion des baies nocives qui poussaient dans la forêt à côté du palais des Lasdades. Nétona chassait ces idées de sa tête, mais elles revenaient sans cesse, lui soufflant à l’oreille que son soi-disant seigneur n’était en fait qu’un gamin immature qui se prenait pour le fils d’une Déesse. Il ne devait pas se permettre d’avoir de telles pensées. C’était un manque de foi évident.

Le trône étant vide, il traversa rapidement la salle, le bruit de ses pas résonnant sur le sol de pierre. Arrivé devant la porte qui donnait accès aux appartements d’Elibohme, il frappa deux coups secs. Une jeune servante vint lui ouvrir et le fit pénétrer dans le salon privé. Elle s’éclipsa pour prévenir son seigneur de la visite.

Nétona resta debout dans la pièce. Il n’osait pas s’asseoir sur l’un des fauteuils de velours bleu nuit, par peur de la réaction de son seigneur. Les meubles de cette pièce étaient de très bonne qualité et Elibohme avait dépensé une fortune pour se les procurer. Ils avaient un aspect vieillot, et ils rappelaient aux visiteurs éventuels, d'Ennoralck était une planète peu évoluée technologiquement.

Nétona cessa de laisser errer ses pensées et repassa dans sa tête les mots exacts qu’il avait prévu de dire à son seigneur. Les nouvelles étaient mauvaises et il savait qu’Elibohme allait sûrement faire une de ses crises de colère habituelles. Nétona avait décidé de bien choisir ses mots, non pas pour éviter cette crise, mais simplement pour l’atténuer.

Elibohme entra dans le salon. Pour la vingtième fois de la journée, il venait de se coiffer en s’admirant devant sa glace. Avec une élégance maniérée, il s’assit sur l’un des fauteuils de velours et regarda son lieutenant d’un air hautain.